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  #61  
Vieux 22/12/2011, 11h58
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Je......... non rien.
 
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Un super héros Françaaais Monsieur !

Sponsorisé par Euro-Copter ?

Mais un bon petit texte dynamique est rafraichissant comme une brise hivernale. (à part pour le pilote..)
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Beaucoup de Comics US à vendre sur: http://xanadu.site.voila.fr

C'est en voyant un moustique se poser sur ses testicules qu'on réalise qu'on ne peut pas régler tout les problèmes par la violence.

Mes planches originales de comics à vendre.http://xanadu-art.eklablog.com/accueil-c17038922
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  #62  
Vieux 22/12/2011, 12h05
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Plutôt Sud Aviation....

Sinon, oui, c'est ma marotte du moment d'imaginer une Sup'Héro Français.
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effixe est une petite crotte de super héros pourri
Au diable superdupont ! le iron-man céfran fait son entrée, et il n'est pas content !

bon texte agréable à lire, entre Marvel et un je ne sais quoi nostalgique à la Tanguy et Laverdure...
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  #64  
Vieux 04/01/2012, 16h41
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Pour ceux qui me l'ont demandé et les autres voici en document WORD l'intégrale de Wonder city

Wondercity 1-6 contient
01 Base de Tiniam
02 Sidequick
03 AG+
04 Jimfire
05 Goldenmask
06 TRIM'BAKI

Wondercity 7-8 contient:
07 Goldenmask II
08 SUPER FRELON

a suivre et merci pour vos soutiens.
Fichiers attachés
Type de fichier : doc Wondercity 1-6.doc (96,0 Ko, 151 affichages)
Type de fichier : doc Wondercity 7-8.doc (53,0 Ko, 131 affichages)
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  #65  
Vieux 22/02/2013, 17h27
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Nouvelle histoire: Le secret du Schalk

Publier dans les plumes de Buzz III, cette histoire ne cesse de me hanter et j'en écrit la suite.
Bonne lecture a tous


Citation:
Le secret du Schalk

CH 1 - Miromane

Miromane creusait. Dans la pénombre, la poussière et un silence sépulcral, elle creusait. Dehors comme dans son cœur d’enfant, c’était la nuit. Plutôt dans la soirée, elle avait refusé d’entrer dans la galerie. Mais sa mère l’avait fermement tenue par le col et jetée dans la gueule noire de la mine. Poursuivit par les insultes, elle avait rampé en respirant l’âcre poussière humide. Ses genoux, ses coudes, son dos, étaient écorchés faute d’une protection plus épaisse que le chiffon qui lui tenait lieu de vêtement. Elle avait pleurée, un peu, lorsqu’une chose couinante s’était accrochée à sa petite main décharnée. Elle l’avait chassée, mais redoutait de voir revenir le rat. Maintenant, son piolet à la main, elle creusait prudemment dans le front de taille. La peur au ventre, des sanglots plein les yeux, elle creusait en priant d’avoir un peu de chance. Il lui fallait trouver un éclat de Schalk ou sa mère ne la laisserait pas sortir avant l’aube. Elle grattait la roche dure, éclairant de temps en temps son ouvrage avec une petite lampe. Les ombres tendaient alors leurs doigts griffus vers l’enfant. Elles jouaient sur son corps malingre, se moquaient de ses cheveux défaits. Elles attaquaient son jeune esprit de visions d’horreur. Miromane tremblait, ses yeux agrandis de terreur cherchaient vainement le reflet rose qui la délivrerait de son tombeau. Trop souvent déçue, elle raccourcissait la mèche de la lampe et reprenait son labeur.
Elle avait peur, peur d’être enterrée vivante, peur de ne rien trouver, peur de mourir de faim ou tuée par sa mère, peur d’être attrapée par les gend’armes. Si elle ignorait que le Schalk servait à faire de la magie, elle connaissait la peine infligée aux voleurs des mines de Schalk : la pendaison. Il ne lui était que trop facile, dans cette tombe de granit, d’imaginer la corde de chanvre serrant lentement son cou gracile, l’étouffement, ….
L’enfant travailla toute la nuit, quand enfin épuisée, trop faible pour seulement pleurer, elle vit une lueur rose dans son petit cercle de lumière. Un éclat de Schalk, un morceau de cristal de magie gros comme son petit doigt, une fortune.
Sa mère pourrait le remettre au mystérieux homme en noir qui venait tard à la maison. Elle ne frapperait pas Miromane lorsqu’elle allait sortir du piège de granit. Elle allait pouvoir manger.
Citation:
CH 2 - Légende

Je me tortillais sur ma chaise depuis déjà quelques minutes, lorsque Traimon me rappela à l’ordre. La baguette fine baguette sèchement assénée sur mon lutrin, frôla de peu mes doigts. « Prince Yvon concentrez-vous ! », si mon précepteur pouvait être le plus joyeux des compagnons, il se montrait intraitable lorsqu’il me prodiguait ses cours.
« Bien ! Reprenez votre lecture, je vous prie.»
Je coulais un regard en biais à mon maître, mais l’inflexible regard d’acier de ce dernier me coupa toute velléité de rébellion. Je réprimais donc le soupir qui montait et tout prince que je fus, je recommençais à lire maladroitement l’imposant ouvrage enluminé.

Il y a très très longtemps, vivaient quatre dragons. Ils se nommaient Dras’ash, Mors’ash, Free’ash et Lume’ash, issus du Grand Vide, ils l’avaient dévoré. Des reliefs de leur repas naquirent le firmament et Félulmorë notre monde. Repus, les Quatre s’étonnèrent en voyant les restes de leur banquet. Ils contemplèrent longtemps la matrice originelle.
Lassé de contempler la création Dras’ash déclara : « Ce monde est bien sombre » et il cracha tout le feu de son être et créa le soleil. Ses frères le félicitèrent la lumières éclairait d’un jour nouveau leur œuvre. Et pendant des éons, ils l’examinèrent, s’extasiant de la froide beauté des pierres, des montagnes, des grottes et des merveilles minérales enfouies sous terre.
Mors’ash se tenait au plus prés du soleil car il était de nature frileuse et aimait la douce chaleur qui rayonnait de l’astre. Las, ses yeux supportèrent mal l’intense lumière et des larmes coulèrent le long de son museau. Il pleura tant et tant qu’il emplit les océans du monde de pierre, les lacs se formèrent, les rivières jaillirent et l’eau toujours montait. Percevant le danger Free’ash donna un coup de queue au soleil et celui-ci se mit à tourner autour de Félulmorë. Les pleurs de Mors’ash cessèrent, et les Quatre admirèrent les changements survenus sur le monde. Les siècles défilèrent.
Lume’ash dit alors « Ce monde est beau, mais rien ne s’y passe, rien n’y bouge. ». Il se mordit violemment et fit tomber quelques gouttes de son sang. A l’endroit où elles touchèrent le sol, jaillit une fontaine d’où coulait le divin liquide. Chaque goutte produisit alors des choses nouvelles. Intrigués, les dragons s’approchèrent et appelèrent ‘plantes’, les choses qui couvraient les terres de leur création. Plus tard d’étranges créations firent leur apparition. Contrairement aux plantes, elles étaient dotées du don de mouvement, les Dragons les nommèrent ‘animaux’. Les Quatre divinités s’émerveillèrent devant la diversité qui émergeait des entrailles terrestre, elles acclamèrent chacune des nouveautés et attendaient impatiemment la suivante. Mais les créatures qui se multipliaient devinrent plus grotesques, plus néfastes pour leurs congénères. Aussi, lorsque des créatures leur ressemblant commencèrent à arpenter le monde, les Dragons tarirent la Fontaine de vie de leur souffle brûlant. Les gouttes de sang divin se figèrent, et devinrent le Schalk.
Mors’ash se plaignit alors « Mes frères, le soleil m’as trop brûlé les yeux. Je ne peux désormais rester avec vous aussi vais-je me retirer dans les profondeurs de l’océan issu de mes larmes et y demeurer pour l’éternité. »
Dras’ash s’écria qu’il ne voulait pas que son frère connut pareil destin « Je ne peux accepter que tu finisses tes jours seul, dans l’obscurité et le froid.»
Ils discutèrent longtemps, et finalement Mors’ash s’arracha un œil et dit « Je ne peux pas laisser ainsi ce monde, aussi je laisse mon œil dans le ciel et la nuit je pourrais ainsi voir ces terres qui me manquent déjà. Veillez sur notre création mes frères, j’en garderai les profondeurs. » Il plongea dans l’océan et les trois dragons restant choisirent de nombreux animaux et plantes qu’ils modifièrent pour accompagner leur frère dans le Royaume des Océans.
Bien que leur cœur fût gonflé de chagrin, ils reprirent leurs études. Une étrange découverte étonna alors les trois dragons, de leurs manipulations été née une dernière créature, l’Homme. Les Trois Dragons inspectèrent cette chose dépourvue de griffes, de crocs, d’une quelconque armure naturelle, résistant mal au froid ou à la chaleur. La tentation fût alors grande de détruire une aussi imparfaite création. Dras’ash, pourtant déclara « Cette créature est née de notre négligence, nous ne pouvons la détruire sans risquer de détruire toute la création. Ils est de notre devoir de la protéger et de l’éduquer.»

Cette fois la fine baguette de noisetier s’abattit sur mes doigts. « Mon prince, vous n’honorez pas Dras’ash en ne lisant pas avec attention le Grand Livre des Origines. Soyez fluide, et articulez correctement, j’ai l’impression d’entendre chanter Madame votre mère.» Railla Traimon. Je me redressais, une fois de plus. Tout autour de moi je sentais, les regards lourds de reproches de mes ancêtres. Figés dans leurs tableaux sombres, ils m’avaient toujours fait un peu peur. Après tout, je n’avais que sept ans. Eux, étaient tous de Grand Rois ou de Grand Héros et j’espérais de toutes mes forces que j’avais hérité d’eux autre chose qu’une chevelure blonde et un nez busqué. Je me voyais, plus vieux, arborant fièrement la barbe nattée des guerriers et une épée de légende à la main, pourchassant sans trêves ni repos tout les mécréants du monde.
Avant que mon implacable maître ne m’infligea une nouvelle correction je continuais ma lecture, butant parfois sur un nom ou un mot trop long.

Le temps passa et les trois dragons se rendirent chez Mors’ash. Celui-ci ne les accueillit pas comme il en avait l’habitude. Ils le hélèrent mais leurs cris demeurèrent sans réponse. Ils le cherchèrent dans son palais et le trouvèrent étendu sur sa couche. Il avait l’œil vitreux, les membres grêles, et semblait très faible. Sa voix qui jadis était si forte ne parvenait plus qu’avec peine à leurs oreilles. « Pardonnez, mes frères, que je ne puisse vous accueillir comme il vous sied. Voyez ma déchéance. Mon corps me trahit, je ne suis que l’ombre de moi-même.
_ Quel est l’ennemi qui ta infligé cette infamie, demandèrent ses frères, qui doit on chasser et punir ?
_ Personne, souffla le mourant, souvenez-vous comment notre soleil me rendit naguère aveugle. Il fit cela et bien plus, j’ai vieillit mes frères et mon corps m’abandonne petit à petit.»
Attristés, les trois dragons unirent leur souffle de feu brûlèrent la chair défaillante et ainsi libérèrent l’âme de Mors’ash. Délivré du poids de la matière il parti pour les Champs de l’au-delà, accueillant désormais les âmes des défunts.
Ce triste ouvrage effectué, Free’ash, Dras’ash et Lume’ash se séparèrent. Chacun s’occupa de son mieux des créations qui avaient su attirer ses faveurs, laissant les sombres royaumes sous-marins libres.
Lume’ash, le noir, s’enfonça dans les entrailles de la terre, où il prit sous sa protection les plantes, les pierres précieuses et les nains.
Free’ash, l’azuré partit dans le firmament, où il s’occupa des créatures volantes, de la musique céleste et laissa les elfes l’honorer.
Dras’ash, le dragon d’or et d’argent, prit sous sa protection les hommes. Il les éduqua, leurs révéla les secrets du tissage, de la forge et de l’agriculture. Il les guida sur les chemins tortueux de la philosophie. Il montra à ces hommes et femmes à voir la beauté des étoiles et à apprécier les chants des oiseaux. Il apprécia leurs efforts à retranscrire sur des toiles ou dans la pierre la beauté qui les entourait. Dras’ash initia certains hommes aux arcanes de la magie, d’autres aux secret de l’architecture, et enfin entrouvrit les portes de l’au-delà à quelques élus afin que chacun sache que la mort n’est que le début du voyage.
Le temps passa, inexorable. Les Dragons se retrouvèrent une dernières fois, au sommet du Mont Taham. Sur le toit du monde, ils constatèrent leur vieillissement et décidèrent de quitter à leur tour Félulmorë…

Trois brefs coups furent donnés sur la porte. Soulagé de faire une pose, je levais précipitamment la tête de mon ouvrage. Puis craignant pour mes doigts j’y replongeais le nez, sans pour autant lâcher des yeux la lourde porte de chêne. Traimon leva péniblement son imposante carcasse de l’énorme fauteuil ou il s’était affalé. Il sortit de sa poche la grande clef de fer et manipula la serrure de l’huis. C’était par ce seul moyen qu’il m’empêchait, plus jeune, de fuir ses cours. Il échappait ainsi à une harassante course poursuite qui le laissait pantelant et ruisselant de sueur. C’était un jeu auquel je me prêtais bien volontiers jusqu'à la mise en place de la serrure.
Un garde, essoufflé se tenait vaguement au garde à vous devant la porte. Il glissa quelques mots que je n’entendis pas. Tout absorbé par la vu d’une enluminure particulièrement réussie je sursautais en sentant sur mon épaule la main de mon précepteur.
« Votre Altesse, votre père vous réclame. » Le changement de son titre ne m’échappa pas. Mon frère, Silas, était mort.
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Vieux 22/02/2013, 19h03
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Content de lire la suite.
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Jakita Wagner : "Let’s keep it that way."

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Vieux 22/02/2013, 21h09
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Vieux 24/02/2013, 10h15
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La suite...

Citation:
CH 3 - Coraentin le voleur

Coraentin détestait les égouts. Comme bien des gens, il se serait bien passé d’y pénétrer si ces maudits souterrains ne constituaient pas des caches idéales au vu de sa profession. Il était un voleur, certes, mais il estimait être un voleur de haute volée. De ses activités nocturnes, il ne voulait en garder que des souvenirs de maisons prestigieuses, de butins fabuleux volés ou de vertus des jeunes filles les mieux nées soustraites. Si le mot glissé dans une cache de sa connaissance n’avait pas été aussi impératif et accompagné de pièces d’or, il aurait simplement ignoré ce rendez-vous si nauséabond. Il se jura de brûler les vêtements qu’il portait. Dans les promesses qu’il se faisait à lui-même, il ajouta de devenir une cible pour voleur plutôt que d’en être un. Sa lanterne sourde n’éclairait que le bout de ses pieds. Ses yeux, habitués à la pénombre, distinguaient quelques mouvements furtifs lorsqu’il dérangeait les rats, ou qu’un paisible habitant déversait ses immondices dans un collecteur. Les parois de pierres semblaient se voûter sur lui. Il suffoquait a moitié et pas seulement a cause de la puanteur. Il suivit le chemin qu’il avait mémorisé. Une heure durant, il chemina dans les sombres souterrains. Il aperçut enfin la lumière d’un lumignon laissé, à son intention, à l’entrée d’une poterne. Sa mémoire et les indications du mystérieux message étaient fiables finalement. La porte en chêne, ferrée, était entrouverte. Coraentin souffla sa lanterne sourde. Il fit pivoter la porte et découvrit une vaste pièce circulaire, les murs percés de meurtrières, éclairée par un feu de cheminée. Un fauteuil au dossier d’une hauteur démesuré masquait l’énorme foyer. Coraentin, les yeux plissés par la soudaine clarté percevait bien que quelqu’un occupait le fauteuil mais était incapable d’en deviner le moindre trait physique. Un bras, ganté de noir se balançait au son d’une mélopée inaudible pour le voleur. Impressionné par le décor, il n’osa pas se risquer au moindre gestes ou raclement de gorge. Il attendit que son mystérieux hôte daigne lui parler. Une minute passa, quand finalement d’une voix caverneuse il invita l’escamoteur à s’asseoir sur le tabouret disposé non loin.
« Avant toute chose, sachez que des archers pointent votre cœur. »
Coraentin plaça sa main devant son torse en un futile geste de protection. Il dégluti bruyamment avant de demander d’une voix chevrotante « Vous m’avez mandé ? Quels services puis-je vous rendre messire ? » Ses mains voletaient, comme animées d’une vie propre.
L’inconnu répondit de cette étrange voix caverneuse, impossible à identifier
« L’on m’a recommandé de vous, il me plait donc de vous confier une mission. Réussissez et je vous couvre d’or. » L’inconnu ne donna pas l’alternative mais elle était suffisamment explicite.
_ Voici le prix de votre engagement » L’homme en noir laissa tomber une grosse bourse de cuir. Sous le choc elle s’ouvrit, libérant plus d’or que Coraentin n’en n’avait vu de toute sa vie. Le spadassin regardait le prix de son engagement, le prix de son âme. Il ne dit mot, mais en son cœur il accepta.
Citation:
CH 4 - La cérémonie de l’épeautre

Taureau fit jouer le soleil sur sa rondache. Le reflet m’éblouie un instant et mon adversaire en profita. Son bâton décrivit une courte parabole et m’atteignit à la base du cou. Je reculais sous le choc, des étoiles dansaient devant les yeux. Déjà le coup suivant arrivait. Je le parais maladroitement. Je devais me ressaisir. Je fixais mon adversaire, tentais d’oublier mes courbatures, ma faim, ma soif et la foule qui hurlait son plaisir dans les gradins. Taureau me chargea, prêt à m’infliger le coup de grâce. Sous mon masque de cuir, je souris, c’était l’erreur que j’attendais. Je m’élançais en arrière. Je perdis l’air de mes poumons en touchant le sol sableux. Sans prendre le temps de reprendre mon souffle je lançais mes deux pieds en avant. Lancé à pleine vitesse, Taureau les reçut dans le ventre et me passa au dessus en battant inutilement des bras. J’achevais de me rétablir, attrapais l’arme de mon adversaire et lui appuyais mon pied sur sa gorge offerte. Si l’arène retenait son souffle, nous recherchions le notre bruyamment. L’air empestait le sable brûlant et le sang, mais par les quatre qu’il était bon. Une clameur s’éleva, puissante, roulant d’un bord à l’autre des tribunes. « Brillant ! Brillant ! Brillant ! »
Mon public, mon peuple ne pouvait me reconnaître derrière mon masque. Ils appelaient donc le vainqueur des Trois Jours du Rite de l’Epeautre: Brillant.
Taureau se mit à rire, il se redressa et je le laissais faire. Il m’admonesta une accolade digne de son nom-totem, du coin de l’œil je vis mes condisciples surgirent du fond du stade. Ils venaient en chantant.

Bradigan aux bras d’airain
Gagnait sa vie de bien belle façon.
Il forgeait du soir au matin
Pour obtenir les faveurs de Ninon.

Les uns boitaient, les autres portaient les stigmates des nos joutes et des épreuves traversées ces trois derniers jours. Bandages, éclisses, baumes, tous arboraient fièrement leurs blessures. Certes ils avaient été éliminés, certes ils n’étaient pas vainqueurs, mais ils étaient aussi gonflés d’orgueil de ma victoire que si elle était leur.

Bläzick seigneur aux bels mœurs
Pris affront des assauts des sorcières.
Bien à l’abri dans sa demeure
Fit sonner l’appel les cors de guerre.

Ces hommes, mes amis, mes frères d’armes m’entouraient, me claquaient les épaules de grandes bourrades amicales. Je fus hissé sur leurs épaules. Trop heureux de respirer un peu d’air, je vis la liesse populaire s’enfler de plus belle.
Nous fîmes le tour de l’arène. Les palisses de bois disjointes retenaient a grand peine la foule des petite gens. Hystériques ils menaçaient de tout renverser pour fêter leurs héros. Puis nous défilâmes devant les nobles. L’écrasant soleil de l’été jouait sur les oriflammes. Les applaudissements n’étaient pas moins nourris que ceux du peuple. Nous ne nous arrêtâmes que lorsque nous fûmes devant la loge royale.

Sourd aux sirènes sanglantes
Bradigan demeura auprès de sa mie
Il résista aux gend’armes tant et tant
Qu’il fut mené enchaîner à sa Seigneurie.

Ma voix s’était jointe à celles des autres. Nous chantions le chant glorieux de notre histoire tout en nous alignant devant notre suzerain. Nos veines charriaient des flots de feu qui nous faisaient oublier nos blessures. Notre heure était arrivée. C’était la fin de cinq ans d’enfer.

Bläzick porta accusation de trahison
Le coquin encapé de sa fierté l’ignora
Fort de sa puissance le roi voulut briser le forgeron
Deux jours et deux nuits ils luttèrent sans se jeter à bas.

Ce n’était pas un chant bien tourné, emplit de pieds choisis et mesurés. C’était un lai mi-parlé mi-chanté que nous récitions ensemble soir et matin. Nous étions tour à tour Bläzick et Bradigan. La formation que nous suivions n’avait d’autre but que de créer une milice dévouée au prince. Et je devais respecter ses hommes en ayant fait le même parcours qu’eux. C’est ainsi que nous portions tous des masque de cuir blanchit. Mon anonymat préservé, nous pouvions nous lier sans contraintes.

Ayant pris la mesure de l’autre,
Les fiers hommes s’accordèrent un instant de repos
Essoufflés, épuisés, ils murmurèrent une patenôtre
Et chacun, leur arme mirent au dépôt.

Depuis ce glorieux combat,
Bläzick son peuple guida
Bradigan son suzerain protégea
L’amitié, seule, les guida.


Le roi tendit ses bras, réclamant le silence. Par les quatre, je ne retrouvais pas mon père dans ce frêle vieillard qui ne remplissait plus sa tenue d’apparats. Je lui trouvais l’air hagard, et je n’étais pas le seul, Traimon, mon vieux maître se trouvait un pas derrière lui, prêt à lui porter assistance.
La voix de mon père rugit. Cela, il ne l’avait point perdu.
« Ce jour marque le début d’une nouvelle ère pour notre peuple. En ce jour bénis des Quatre nous avons un nouveau champion de l’arène.
A ces mots l’immense foule bariolée laissa exploser sa joie en un rugissement de tonnerre.
Mon père, magnanime attendit un instant, puis réclama une fois de plus le silence.
« Nous, Roi Aflaria XXIII, Souverain du Royaume de Valbereix, Duc d’Anglême, allons à présent procéder à la cérémonie de l’épeautre.
D’un geste solennelle, quoique tremblant, il englobât tous les combattants en une accolade lointaine.
_ Jeunes gens, vous terminez à présent votre apprentissage. Les épreuves passées vous ont soudés au-delà des mots, vous êtes plus que des frères, plus que la somme de vos possibilités, vous êtes frères d’épeautre. Vous êtes la nouvelle Garde Royale.
Le grand sénéchal fit un signe à nos sergents. Ils se placèrent face à chacun de nous, tenant dans leurs mains droites le morceau de cuir qui allait nous définir pour le restant de nos vies.
_ Bertrand de la Combe Noire, avancez d’un pas.
L’interpellé hésita un instant, nous n’avions plus l’habitude de nos propre nom. Le sergent face à lui plaça vigoureusement l’épeautre sur l’épaule gauche de mon camarade en criant : Désormais et selon la tradition des seigneurs Bläzick et Bradigan, porte fièrement ton titre : Seigneur Sanglier.
Sanglier porta ses doigts à sa décoration. Je devinais son sourire en sentant la gravure en forme de hure.
Le nouveau Seigneur Sanglier ôta alors son masque de cuir, révélant son visage juvénile à la foule en liesse. Les gradins de bois tremblèrent sous les acclamations du peuple.
Mon père appela tour à tour mes condisciples il y eût donc des nouveaux Seigneur Blanc, Taureau, Cœur de Lion, Epervier, Forteresse, Sauge, des noms que nous nous étions choisit, qui nous définissaient mieux que nos patronymes d’origines. Enfin, mon tour arriva. L’orgueil et la fierté faisaient trembler la voix du vieux roi. Traimon ne contenait point ses larmes de joies. J’avais réussit l’exploit d’être le champion de l’arène, moi, le prince héritier. C’était un événement qui n’était pas survenue depuis plusieurs générations. J’étais membre, chef et vainqueur de la garde royale. Je lisais sur le visage de mes confrères la joie pur et simple de me découvrir comme tel. Ils me suivraient jusqu’aux enfers si je le leurs demandais.
Mon cœur battait trop fort dans ma poitrine. J’étouffais sous mon masque. Une prière au bord des lèvres, je souhaitais que mon père en finisse au plus vite.
_ Prince Yvon, Héritier de la couronne de Schalk, avancez jusqu'à nous !
Je m’exécutais, la lisse de planche mal dégrossit me séparait de mon père, comme j’aurai aimé qu’elle disparaisse pour que je puisse le serrer dans mes bras. Peu m’importait en cet instant nos froides relations, ou la présence de sa cour, je ne voulais qu’être un fils enserré par son père. Perdu dans ma rêverie, je ne l’écoutais point.
_ … Désormais, vous porterez le titre de Seigneur Brillant, vainqueur des joutes de l’épeautre.
Un sergent placé derrière moi plaça mes insignes, un soleil gravé sur la pièce de cuir sur mon épaule gauche, un collier vermillon autour du cou. D’un geste bref je me libérais de mon masque. Enfin, je sentais de l’air sur mon visage. La foule hurlait, trépignait, tapait des mains. La rumeur était assourdissante. Mon père, magnanime, laissa la foule se calmer d’elle-même, puis d’un large mouvement de bras théâtral, l’invita de nouveau à faire silence.
_ Mon fils, Mon vieux cœur se réjouit de ce jour qui efface les tourments passés.
L’ombre de mon frère décédé plana un instant entre nous. Il reprit son allocution.
_ Seigneur Brillant, désormais vous êtes l’héritier du Trône, promis à ma succession lors de mon trépas. Portez fièrement ce présent, que chacun ici en soit le témoin de votre bonne fortune.
Cette fois, attentif au discours de mon père, je n’avais pas vu Traimon le quitter. Mon vieux précepteur apparu brusquement devant moi. Il portait une épée à bout de bras. Le fourreau était ouvragé de fils d’or et d’argent et le pommeau portait mes armoiries, mais le plus important était l’énorme joyau qui ornait la garde. C’était le plus gros éclat de Schalk Bleue que je n’eusse jamais vue. C’était gros comme une noix, son prix était à peine imaginable. Si nos contrées étaient riches de Schalk Rose, le Bleue se trouvait dans les carrières de la lointaine Dalésie. C’était un présent royal.
Je sortis l’arme de son étui. La lame polie brillait de milles feux. La foule hurla sa joie, je lui répondis en brandissant l’épée. Sous les vivats, je la nommais sur le champ : Flamboyante. A l’évocation de son nom, une flamme bleutée jaillit du pommeau, couru le long du fil et s’élança vers le ciel.
Les vagues de hourra se succédaient sans relâche, s’enroulaient autour de mon cœur, perturbant son rythme, le faisant vibrer à l’unisson de ce peuple qui m’acclamait et m’accueillait en son sien. Je levais les deux bras en signe d’acceptation. Je devenais, de fait, Yvon III, Héritier de la couronne de Schalk.
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Encore la suite.....

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CH 5 - Cœur de Schalk

Coraentin regarda le rouleau de corde sombrer dans les ténèbres. Hypnotisé par les ondulations du serpentin de chanvre, le voleur profita de ce temps mort pour compter lentement jusqu'à cent. Ainsi, il força les battements de son cœur à ralentir. Le bourdonnement qui pulsait à ses oreilles cessa et enfin les bruits nocturnes de la ville endormis lui furent perceptibles. Un large coup d’œil autour de lui, et il fut certain que le temple et la ville somnolait paisiblement. Une chouette hulula son plaisir de chasse, un chien en contrebas lui répondit d’un aboiement absent. Coraentin comptait toujours, les yeux fixés vers la noirceur menaçante du trou béant sous ses pieds.
Il lui avait fallut de l’astuce et de la persévérance pour trouver le moyen de pénétrer au cœur du plus sacré des lieux. Des travaux sur la grande verrière, un emploie de manœuvre et le voilà prêt à plonger dans les trente mètres de vide afin de dérober le cœur de Schalk.
Sur désormais que nul ne l’avait perçu accéder à la coupole, le voleur enjamba le rebord plombé et entama la descente. Il avait calculé juste. Ses pieds touchèrent le dallage alors qu’il arrivait au bout de la corde.
Coraentin s’accorda un instant pour savourer son exploit. Puis, toujours à l’affût, il se cacha derrière un énorme pilier de pierre. L’immense atrium était plongé dans une pénombre mélancolique que ne dissipaient point les quelques flambeaux qui brûlaient encore en cette heure tardive. Des liturgies étouffées provenaient des profondeurs du temple. Le calme régnait.
Le voleur sortit de son sac un grand carré de tissus, qu’il plia consciencieusement par les coins tout en se concentrant intensément. Lorsque le linge eut la forme voulue, Coraentin sortit de sa bourse le précieux morceau de Schalk qui lui avait coûté si cher. En effet, son vol lui avait pris plusieurs semaines, et la fuite de la riche demeure avait été douloureuse. Les chiens ne l’avaient pas lâché facilement. Son fondement en portait encore les tristes stigmates.
L’aiguille rosée dans sa main droite, le voleur récita la formule magique et appuya le cristal contre le linge. Un halo iridescent illumina brièvement la cache, puis l’obscurité s’en fut de nouveau. Coraentin banda ses yeux avec l’artefact et ce fut comme si l’atrium s’éclaira dans une explosion de lumière rosâtre. Grâce à la magie du Schalk il y voyait comme en plein jour.
Ainsi équipé, il lui était désormais facile d’éviter les gardiens qui somnolaient ou les prêtres plongés dans leurs dévotions nocturnes. Il connu pourtant un instant de frayeur lorsqu’il faillit percuter l’un des prêtres Bleue de l’ordre de Mors’ash.
Craignant de ne pas avoir le temps nécessaire à son larcin, le voleur avait accéléré son pas. Les couloirs se succédaient, interminables. Et les portes des cellules demeuraient fermées sur le sommeil des prêtres. Coraentin trottait silencieusement, lorsque l’une des portes s’ouvrit. Le servant des Quatre, ensommeillé, sortait un pot de chambre miasmatique. Le voleur se figea, espérant qu’il se situait bien dans l’ombre salvatrice. L’homme de foi regagna sans tarder sa cellule, ses pieds nus traînant sur le froid dallage de pierre. Son morne regard endormi fixé dans le vague rassura le voleur. Cependant, Coraentin ne respira à nouveau correctement que lorsque, de derrière la porte en bois, lui parvint des ronflements bienheureux.
Le coquin s’enfonça plus profondément dans les méandres du temple jusqu'à parvenir, enfin, à la Grande Rotonde Sacré. Coraentin s’arrêta un instant, autant pour vérifier l’absence de témoins que pour admirer ce lieu si sacré. Quatre colonnes de pierres, taillées à l’effigie des quatre dragons primaux, soutenaient une voûte d’obsidienne incrustée de pierres précieuses. Des flambeaux, si nombreux qu’il ne pouvait les compter, jouaient leur symphonie de lumière sur les bas reliefs. Les ombres mouvantes donnaient vies aux sculptures, leurs regards chargés d’innombrables années accusaient le voleur.
Tremblant, Coraentin s’approcha du piédestal d’or et d’argent qui trônait au centre de la rotonde. Sur le plateau reposait le Cœur de Schalk. C’était le plus gros morceau de Schalk connu. Gros comme tête, le cristal rosé palpitait d’une lumière apaisante. Concentré sur son larcin, Coraentin n’entendit pas les gardes qui l’interpellaient. Il posa respectueusement ses mains sur le cristal, et récita la formule magique que lui avait donnée son mystérieux commanditaire. La magie opéra aussitôt, foudroyé le voleur mourut sans s’en rendre contre, un sourire aux lèvres.
Citation:
CH 6 - L’éveil

Je dormais, confortablement roulé en boule dans mon grand lit à baldaquin, lorsque qu’arriva la catastrophe. Une explosion ébranla tout le château, je crus qu’il s’effondrait sur moi. Comme j’émergeais brutalement de mon sommeil, des tremblements souterrains, sapèrent les fondations même du château. Une vive lumière illumina ma chambre. C’était une lumière douce, chaleureuse, comme un levé de soleil, mais qui provenait du nord. Intrigué, je m’approchais de la fenêtre en évitant les milles éclats de poteries qui jonchait le sol. Pas un objet n’avait tenu sa place. Mes armoiries, mes études se mêlaient aux débris de verre. Une bouteille de vin, cassée, déversait son précieux liquide sur mes vêtements de la veille. Etrange et terrifiant spectacle que je vis cette nuit là.
Un soleil rosé, éclairait toute la région. Des éclairs gigantesques fusaient dans toutes les directions. Certains frappaient le sol et causaient des dégâts à peine imaginable. D’autres partaient bien au-delà de l’horizon. Le tremblement de terre ne semblait point vouloir décroître. Bien au contraire, je fus mis à bas par une secousse plus violente que les précédentes. Une fissure s’ouvrit, s’élargie, signe que le château s’écroulait. Je chassais la froide étreinte de la peur, et je couru hors de ma chambre. Les couloirs se remplissaient, les gens criaient au rythme des craquements sinistres, nous nous précipitions dehors dans un désordre apocalyptique. Les nobles, les bras surchargés de leurs valeurs, conspuaient les simples servants qui les dépassaient sans un regard. Je vis mon ancienne nourrisse traîner derrière elle une flopée d’enfants vers le salut, en chantant afin d’éviter qu’ils fussent par trop terrorisés. Sa méthode en séduisit plus d’un et en quelques minutes un cortège suivait Ceandra, une comptine sur les lèvres.
« Creusent les Nains sous la houlette de Lume’ash
Chantent les Elfes pour la joie de Free’ash
Vivent les Hommes honorant Dras’ash
Mais pleure, pleure Mors’ash
… »
Il ne me fallut que peu de temps pour atteindre l’étage royal mais cela me parut durer une éternité. Je n’en garde qu’un souvenir confus, fragmentaire. Même encore, dans mes cauchemars, je coure sans fin dans les couloirs devenus fous du château. Je revois l’énorme vaisselier qui manqua de me tuer en tombant juste après mon passage, les armoiries familiales dansants sur les murs, des torches tressautantes, les soubresauts qui disjointèrent les dalles de pierres. Dans ces cauchemars, je n’arrive jamais à la porte de la chambre royale.
Essoufflé, le cœur au bord des lèvres, j’atteignis l’huis paternel. J’entrais sans frapper, vaguement honteux de ne pas respecter le protocole. L’antichambre était sans dessus dessous. Pas un bibelot, pas un meuble qui ne fût brisé, renversé, déplacé. Même le lourd fauteuil, où siégeait mon père lorsqu’il recevait, était familièrement appuyé à une armoire. Un grand vide se fit en moi. L’étreinte glacée de l’angoisse enserra mon cœur. Il n’y avait point de garde ici, point de valet, ni même un membre de sa garde royale. Le pressentiment du désastre voletait autour de mon âme. Une nouvelle secousse me jeta à terre. J’entendis alors un bruit que je n’oublierai jamais. Un pan du château s’effondrait sur lui-même, entraînant la moitié de l’aile Souveraine dans les douves.
Fussent la chance, ou les dieux qui me permirent d’en réchapper ? Je ne pourrai répondre. Lorsque la poussière me le permis, je découvris, incrédule le trou béant qui remplaçait la chambre de mon père. Hélas, je ne pus m’appesantir sur son sort, car une vision insolite se dévoilait devant moi.
Au dessus des gravats fumant, un calice flottait dans le vide. C’était un des trésors de mon père, une sculpture de Schalk, patiemment assemblée par les meilleurs artisans, puisqu’on ne pouvait briser ces morceaux de cristal magique. Elle flottait dans l’air, à quelques pas, nimbée d’une lueur rosée. Je n’avais jamais vue du Schalk agir de la sorte. L’on s’en servait pour faire de la magie, certes, mais jamais le cristal n’agissait de lui même. Je vis alors le calice vibrer et, toujours flottant, se disloquer lentement. Puis, toujours avec une lenteur hypnotique, les fragments partirent. En les suivant du regard, je pus constater que d’autres éclats de Schalk les suivaient. Une ribambelle de lumières roses qui survolaient notre ville meurtrie. Tous semblaient aller se joindre en un point que je ne pouvais voir.
Conscient que j’abandonnais peut être mon père à son sort, je me précipitais pour rejoindre les gardes du château. Il fallait donner des ordres, organiser les secours, découvrir la source de nos malheurs, agir en Prince Héritier.

Dans la grande cour, je retrouvais mes camarades d’épeautres. Nous écourtâmes les effusions de joie pour nous concentrer sur les tâches urgentes. J’envoyais Epervier s’enquérir du devenir de mon père, ne l’ayant vu dans sa chambre je nourrissais l’espoir qu’il réchappa à la catastrophe. Je chargeais Forteresse, Taureau et une dizaine d’autres gardes, d’évacuer la populace du château et du bourg. Je pris Furet à part, et lui expliquais se que j’attendais de lui.
_ Va vers la Mine de Schalk. C’est là que semble se rejoindre nos éclats, découvre se qui s’y trame et reviens vite. Je pressens que nos malheurs y ont leur source et qu’il nous faudra la combattre.

Les heures passèrent, le soleil monta et entama sa descente crépusculaire, lorsque je reçus les deux pires nouvelles de cette horrible journée.
Quelques volontaires avaient cherché et trouvé le corps sans vie du Roi. Furet arriva en cet instant si sombre. L’œil hagard, le souffle cour, il ne pu me souffler que « La mine ! Il est énorme ! », avant de sombrer dans la folie.
Je tentais, en vain d’imaginer ce qui pouvait conduire un homme équilibré en une loque bavante, en l’espace de quelques heures. C’était terrifiant. La situation semblant pouvoir se passer de moi, je réunis en hâte mes gardes d’épeautre afin de mener l’enquête.
Nous partîmes vers l’Est, vers la mine de Schalk, accompagnés des derniers éclats de cristal. La traversée du bourg me fut une torture sans nom, qu’aujourd’hui encore je ne peux pas évoquer sans pleurer. Je n’étais pas le seul à laisser mes émotions me submerger. La ville présentait un triste visage, ses douces maisons éventrées, ses habitants blessés, meurtris dans leur chair et leur esprit. D’où que je portais mon regard je ne voyais que désolation, lamentation et pleurs.
Parfois, un pauvre hère me suppliait de l’aider, de sauver quelqu’un ou simplement de bénir un défunt. Tous avaient le regard mort de ceux qui traversent l’enfer. Les récits se ressemblaient et se confondaient. Le tremblement de terre, les morceaux de Schalk qui s’étaient envolés, les effondrements, les morts….Jamais je ne m’était sentis aussi impuissant.

Il ne faut que trois petites heures pour faire le trajet jusqu'à la mine. Déjà, à mi-parcours, nous avions compris que c’était bien là la source de nos malheurs. La mine présentait habituellement l’aspect d’une grosse colline ventrue sur laquelle grouillait hommes et chevaux. Nous ne voyions plus qu’un cratère fumant. Couronnant les ruines de la mine, un nuage noir stagnait. Tous les morceaux de Schalk convergeaient vers cette sombre nuée, sans que nous ne puissions en deviner le dessein. Parfois un des cristaux nous frôlait, et nous tentions de l’attraper. Peine perdue, même Taureau n’y parvint pas, Il perdit même un doigt, sectionné par l’éclat rose. Le paysage était ravagé. D’où que je porta mon regard je ne voyais que sols dévastés par des trous desquels sortaient des éclats de Schalk.

Au sortir d’une futaie, nous vîmes que la petite vallée artificielle où travaillaient une cinquantaine de nos gens, n’était plus qu’un cratère fumant. Partout alentours des débris et des corps jonchaient le sol. L’explosion avait du être terrible.
Des éclairs roses brillaient violemment au cœur de la nuée. Le crépuscule rendait la scène surréaliste. Nous, six pauvres cavaliers faisions face à cette chose mouvante et hurlante, sans comprendre ce que nous voyions.
Soudain une nouvelle explosion nous jeta à bas. Soufflé, le nuage avait disparu.
Une terreur primale s’empara de nous. Je crois que c’est de devoir calmer nos chevaux et d’éviter qu’ils ne s’emballent que nous avons su gérer notre propre affolement.
Sortant du cratère, nous dominant de plus de dix toises, un énorme dragon nous hurla son défi.
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CH7 - Comment combattre un dragon ?

La lumière illumina subitement Miromane. La jeune femme, couverte de poussière et de débris, écarquillait les yeux comme un hibou effrayé. Elle rampait depuis des heures à la recherche de la sortie du labyrinthe qu’étaient devenues les mines. La jeune femme travaillait seule dans une galerie isolée lorsque le tremblement de terre avait débuté. Coincée par des éboulis, elle n’atteignait que maintenant la surface, pour découvrir un spectacle dantesque.
Une patte griffue, énorme, apparaissait et disparaissait devant la petite ouverture. Miromane aperçut un homme en surcot blanc, épée au clair, passer entre les pattes du monstre. Les cris étaient effrayants. Des chocs sourds malmenaient les fragiles parois de son boyau de mine. Des pierres et de la poussière lui tombaient dessus, elle devait sortir. La peur mêlée de curiosité lui nouait le ventre, comme lorsqu’elle était petite et creusait clandestinement la mine. Le passage étroit lui comprimait la poitrine, elle rampait, un bras en avant. Dehors des hommes s’interpellaient. Elle crut reconnaître des cris de guerres, des grognements terrifiants.
Aveuglée par une lumière rosée qu’elle ne parvenait pas à identifier, Miromane roula sur le bord de la galerie. Elle aspirait de grandes bouffées d’air et crachait autant de poussière. Elle regardait l’incroyable scène qui se déroulait devant ses yeux sans qu’elle parvienne à y croire.
Un dragon de Schalk occupait le centre d’un cratère et des hommes combattaient le monstre. Des monceaux de Schalk tombaient du ciel et se joignaient pour composer le dragon. Elle vit, comme dans un rêve, trois cristaux se lier et former une griffe d’une des pattes antérieures.
Miromane était protégée par un affleurement rocheux, elle pouvait à loisir voir le titanesque combat. Plus tard, elle apprendrait les noms des héros qui combattirent ce jour là.
Taureau, hache à la main, tentait de trancher la queue de l’animal. Il esquivait en se baissant l’énorme appendice, puis reprenait son ouvrage.
Cœur de Lion, le visage placide, utilisait son arc si vite que ses mains étaient à peine visibles.
Une jeune femme virevoltait autour du monstre, plantait sa rapière et reprenait sa mortelle danse. Feinte semblait inépuisable.
Un rugissement fit sursauter Miromane. Sanglier chargeait. Il portait son épée au flan. Son cimier flamboyait fièrement alors que ses pieds martelaient lourdement le sol. Il prit un maximum de vitesse et percuta l’immense poitrail en projetant son arme devant lui. L’acier se brisa net. L’homme emboutit la créature, tête la première. Le dragon, attrapa son assaillant presque délicatement avec son mufle, puis le catapulta dans les airs. Sanglier ne se releva pas !
Miromane, était bien consciente que le monstre, inachevé, était lent, mais que sa puissance augmentait à mesure que les minutes passaient. Une aile s’écrasa sur le fragile abri de la jeune fille. Elle n’avait pas d’autre choix que d’en sortir et de fuir.
Elle se retrouva entre les monstrueuses pattes, Les colonnes de cristal s’abattaient autour d’elle, l’épargnant miraculeusement. Elle se sentait toute petite, toute fragile sous le ventre de cristal. Elle bondit hors du danger et tomba dans les bras d’un homme. Le visage ouvert, couronné de favoris blond, il lui sourit et l’écarta délicatement sur le coté.
« Courez ! Appelez la garde ! Nous retenons ce monstre ! » Chacune des instructions du Prince étaient ponctuées de coups d’une des deux épées qu’il portait. Forteresse, elle, portait les deux écus frappés des insignes royaux et protégeait son Capitaine. Miromane ne parvenait pas à détourner son regard de cette mortelle danse à trois. Le dragon attaquait les deux hommes, gueule ouverte sur des crocs surdéveloppés. Forteresse détournait le choc afin qu’Yvon puisse frapper. Hélas, les coups portés n’avaient que peu d’effet. Sous le choc de l’acier des morceaux de Schalk sautaient, mais ils se tenaient un instant en l’air avant de reprendre leur place. Même l’épée enflammée d’Yvon ne faisait pas mieux.
Miromane eût la certitude que ces héros luttaient vainement contre la fatalité.

Elle trouva, elle ne savait comment, le courage d’obéir aux instructions données par Brillant. « Peut être », se répétait-elle, « Peut être que les renfort suffiront… ». Elle courut. Elle survolait le sol de ses pieds nus, sautait par-dessus les trous. Le souffle cour, gagnée par l’épuisement, elle courut jusqu'à la futaie. La nuit tombante rendait les arbres monstrueux, mais comparé à l’horreur qu’elle fuyait cela ne l’effraya point. A se trouver ainsi cachée par les grands arbres protecteurs, Miromane raccourcit sa foulée. Malgré la fraîcheur de l’air, elle transpirait abondamment et avait besoin de reprendre son souffle. D’autant plus que les années passées à creuser dans la mine ne l’avait pas habituée à un tel effort debout.
Elle évita de justesse l’homme. Il se tenait au milieu du sentier. Il avait l’air fou. Miromane se jeta sur sa gauche ou un buis miséricordieux l’accueillit moelleusement. Elle se débattit avec l’arbuste tout en se demandant pourquoi l’inconnu ne l’aidait pas. Elle pesta et tempêta tout en se redressant. Elle ne cessa pas de jurer et de copieusement incendier l’homme lorsqu’elle se rendit compte qu’il ne la voyait pas. Calmée, elle prit le temps d’observer l’étrange personnage.
Il portait de luxueux vêtements, des soies rehaussées de broderie, des bijoux d’or et d’argent. C’était un homme gros, vieux, qui gesticulait en marmonnant.
« Frappe ! A droite ! Non ! … », Pus t’elle comprendre. Croyant avoir affaire à quelque noble que la raison avait fuit suite aux événements de la journée, Miromane tira sur le bouc du vieil homme. Son espoir de le voir réagir s’évanouit aussitôt. Non seulement, l’homme ne sembla pas la voir, mais il se mit à courir vers la mine. Elle l’attrapa par le bras, le forçant à faire volte-face et le frappa sous le menton de toutes ses forces. L’homme tomba à la renverse, inconscient. La jeune femme se mit en devoir de placer le noble sur le bas coté, à l’abri, lorsqu’elle se rendit compte de l’étrange silence qui régnait. La forêt ne résonnait plus des bruits de la bataille, des cris du dragon ou des appels des hommes d’armes. Craignant pour la vie du beau jeune homme blond, Miromane accouru vers la mine. Les arbres défilaient de chaque coté du chemin en un brouillard brun/vert. Elle oublia ses douleurs, son souffle trop court, l’épuisement qui la gagnait et faisait trembler ses jambes. Elle ne pensait qu’a Yvon. Elle découvrit en sortant du bois, l’incroyable scène. Le dragon inachevé surplombait de toute sa hauteur les guerriers. Immobiles les morceaux de Schalk ne s’aggloméraient plus au monstre. Plus rien ne bougeait. Les hommes, lentement baissèrent leurs armes. Le monstre restait figé, entouré d’éclats de cristal suspendus dans les airs. Inerte, le dragon semblait quand même terrifiant. Mais Miromane n’accorda pas un regard à la statue rosée, elle ne voyait que le jeune homme blond qui gisait au sol. En son sein, son cœur s’emballa. Ne l’avait-elle donc trouvé que pour le perdre aussitôt ? Elle se jura que s’il était vivant, que jamais elle n’en serait séparée !

Yvon ouvrit les yeux et vis un visage d’ange maculé de terre et de larmes. Il se noya dans les beaux yeux verts, tout en cherchant à reprendre ses esprits. Il apprit de ses compagnons qu’il avait été frappé à la tête par le monstre. Le prince tourna son regard vers la bête. Le monstre s’était subitement immobilisé sans qu’aucun des guerriers n’ait portés de coups, sans raison. Le mystère restait entier.
La décision fût prise de laisser Cœur de lion garder le corps sans vie de Sanglier. Elle aiderait au mieux les mineurs miraculés qui sortaient des décombres de la mine. De plus, le féroce archer possédant un cor de chasse taillé dans une corne d’Aurochs Géant, devrait, au moindre mouvement du Dragon de Schalk, sonner l’appel.
Yvon et les gardes survivants, accompagnés de Miromane devaient retourner au château afin de préparer des mesures contre la menace et envoyer au plus tôt des secours pour les blessés.
La petite troupe alla bon train jusqu'à la futaie. La mémoire lui revenant, Miromane s’arrêta au bord du chemin afin de retrouver le noble dément. Yvon fut très étonné de reconnaître en cet homme Traimon. Il n’eut de cesse de faire reprendre ses esprits au vieux professeur. Il laissa ses hommes continuer leur chevauchée afin de demeurer prés de lui. Fidèle à sa promesse, Miromane resta de même. Elle se sentait un peu coupable d’avoir frappé si fort l’ami du Prince et demeura silencieuse tout en faisant craquer ses doigts.
Yvon déchira sa chemise, puis avec les lambeaux, humecta le visage du pauvre homme. Des gémissements virent briser le pesant silence qui régnait. Traimon émergea lentement de son inconsciente. Même éveillé il garda un regard vitreux.
Le prince lançait des regards furieux vers la jeune femme. Elle haussait les épaules « Est-ce de ma faute si mon travail m’a dotée d’une forte musculature ? »
Le jeune homme n’insista pas, trop inquiet pour ce père de substitution.
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CH 8 - Révélation

Mon précepteur ne pouvait se relever. Je ne pensais pas que le coup qu’il avait reçut suffisait à expliquer cette faiblesse. Sa respiration était courte, haletante. Il me semblait avoir vieillit de dix ans depuis la dernière fois que je l’avais vu. C’était la semaine dernière, pour le banquet donné pour fêter l’anniversaire de ma victoire dans l’arène. Ses cheveux s’étaient fait rares, des taches brunes étaient apparues sur sa peau, il avait beaucoup maigrit. L’homme doté d’un sérieux embonpoint flottait désormais dans ses coûteux vêtements. J’en avais la gorge nouée. Je tentais de l’installer de manière plus confortable lorsqu’il agrippa la manche de mon surcot.
« Yvon, est-ce toi ? Souffla-t-il.
_ Oui Traimon. Reste calme, ne parle pas.
_ Il est bien trop tard pour se taire…Il me faut tout te révéler……Maintenant. »
Il parla. Son récit était haché, décousu parfois, mais plus il parlait, plus j’aurai aimé qu’il se taise.
_ Yvon te souviens tu du jour ou ton père reçut le calice de Schalk en présent ?
Comme j’acquiesçais, il poursuivit.
_ Ta mère adorait ce présent, et pour lui faire plaisir, Notre roi voulut lui offrir d’autres présents ainsi montés. Hélas, les dignitaires étaient repartis dans leur lointaine contrée et aucun de nos artisans ne sut reproduire leur savoir faire. Il me confia alors pour mission de partir dans la lointaine Dalésie et de commander un service entier de Schalk.
C’était une folie. Le coût de ce caprice dépassait de beaucoup la capacité du trésor royal. Je suis quand même parti pour ces contrées sauvages. Mais loin d’obéir à mon roi, je tentais de voler leur savoir.

Traimon s’épuisait. Il se mourrait et ses confessions l’achevaient. Jamais de ma vie je ne m’étais senti si impuissant. Et pourtant je le laissais continuer.

_ J’y ai passé des semaines. J’ai tout essayé, la persuasion, le charme, la corruption, les menaces, rien n’y a fait, personne ne voulut me parler. Et puis, un jour, en cherchant un refuge pour la nuit, je fus hébergé par des Moines Gris. Cette confrérie n’honorait pas les Quatre. Elle honorait les Secundae, les Dragons issus de la Fontaine de Vie. Ils vouaient même une haine farouche contre Dras’ash, Mors’ash, Free’ash et Lume’ash. Ces moines pensaient que nos Quatre avaient éliminés les Secundae par jalousie. C’est là, dans ce petit temple perdu que j’appris le secret du Schalk.

Je restais suspendu aux lèvres du mourant. A mes cotés se trouvait la jeune femme de la mine. Je ne savais pas pourquoi, mais sa présence me faisait du bien. Traimon déclinait. Ses yeux se perdaient de plus en plus dans le vague et nous devions tendre l’oreille pour comprendre ce qu’il disait.

_ Le Schalk, fils, ce n’est pas un mélange de sang de la Fontaine de vie et de souffle de Dragon. C’est le corps des Secundae morts !
Lorsque les Primaux ont soufflés les fontaines, ils les ont tués. Privés de magie, les Secundae sont mort. Ils sont tombés du ciel, plongés au cœur de la terre. Nous fouillons leur corps, arrachons des morceaux de leurs cadavres pour nous en servir. C’est inique !
_ Ma fin est proche Yvon, Il me faut me hâter. Les Moines Gris m’instruirent. Je suis aujourd’hui le troisième haut dignitaire de mon ordre. J’ai fait bien de mauvaises choses, mais celle-ci était pour toi.

Il s’agrippait furieusement à mes vêtements. Sa tête retombait sur son torse un instant, puis il se relançait dans son exaltation. Je ne savais plus que penser de cet homme. Il m’avait tout appris. C’était lui qui avait accompagné chaque instant de ma vie, tandis que mon père se perdait dans ses royales obligations. Je lui avais confié mes rêves, mes cauchemars. Et voilà qu’il faisait peser sur moi la responsabilité de cette folie.

_ Le Schalk peut être animé. Il suffit d’en avoir quelques morceaux qui s’assemblent, et de la bonne formule, pour faire des golems. J’ai engagé un voleur, il y a bien longtemps, il a volé pour moi bien des éclats de cristal. J’ai réussit à reconstituer une griffe. Je l’ai alors enchanté, elle devait trouver les restes du corps de l’un de mes dieux. Et elle devait le réveiller. Ton père, maudit soit-il, aurait périt en le combattant. Toi, tu te serais lancé dans la bataille et j’aurais relâché le Dragon. Vainqueur, tu devais prendre le pouvoir….
_ Haaa ! Fou que je suis. Je suis bien faible….Comprends, Yvon, Les Secundae ne sont pas totalement morts. Leurs esprits restent attachés à leur corps. Nous, les magiciens, je le sais maintenant, entrons en contact avec eux lors de nos incantations.
_ En réassemblant ce dragon, je l’ai presque ressuscité. Il me tue, non pas physiquement, mais mentalement. Il a besoin de moi, mon corps est l’ancre qui lui permet de revenir. En m’assommant, cette jeune fille l’a désorienté. Elle nous a donné un répit. Je le bloque….. pour l’instant.

Je regardais mon précepteur, son visage ruisselait de sueur. Il souffrait, c’était indéniable. J’entendis la jeune femme murmurer quelque chose comme « Il marmonnait, c’était ça ». Au loin une corne sonna.

_ Yvon, tu dois me tuer.
Je refusais cette révoltante proposition. Il insista.
_ Il n’a besoin que de mon corps, il me tue déjà. Tu ne feras que me libérer.

La nuit nous enlaçait de ses sombres bras. Je ne voyais plus rien en dehors de nous trois. Le monde disparaissait, il ne m’en parvenait plus que des sons étouffés, indistincts. Traimon brillait. Un halo rose émanait de son corps, cela me sembla vivant. Cette chose pulsait d’une vie malsaine. Mon précepteur se taisait, tourné vers son combat intérieur. Ses yeux se perdaient de plus en plus dans le vague. J’étais seul face à mon rôle de bourreau. Je ne sais comment je sortis mon poignard de son fourreau. Ni comment, je trouvais la force de l’amener contre la poitrine de mon mentor. Je respirais fort….

Je n’y parvins pas. Mes muscles refusaient de m’obéir. Je crois, qu’en cet instant je pleurais. Je tournais et retournais toutes les raisons qui devaient m’amener à exécuter un traître. Je ne voyais que le vieil homme que j’aimais.
Plonger dans mon combat intérieur, j’avais oublié la jeune femme. Elle posa sa main sur la mienne.

Nous l’avons fait ensemble !

oct.-2011
Thoor
Fin de la 'saison 01'
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On attaque la saison 02 ?

Citation:
Le secret du Schalk (suite)

CH 9 – Passent les années

La porte grinça sinistrement sur ses gonds. Une bouffée d’odeurs m’assaillis. C’étaient des odeurs de vieux parchemins de papier, de crottes de souris et de tabacs refroidis depuis longtemps. C’était des odeurs de tristesse et de nostalgie. C’était l’odeur de Traimon.
J’adjoignais mon cœur de ne point flancher et j’entrais dans le cabinet de travail. Deux ans étaient passés depuis le départ de son occupant. C’était le temps qu’il m’avait fallut pour trouver le courage d’y pénétrer.
Sanglier, me passa une torche allumée. Puis mon confrère d’épeautre reprit sa garde devant la porte. Les flammes dansaient devant mes yeux, je tentais de me persuader que c’étaient elles qui me faisaient monter les larmes aux yeux. Par les Quatre, j’étais venu ici un nombre incalculable de fois, mais je ne pouvais pas avancer. Du regard je cherchais, mon précepteur, mon mentor, mon ami et je savais bien que le bonhomme rondouillard reposait dans sa tombe anonyme. A ma gauche, le vieux fauteuil défoncé attendait en vain son propriétaire. Il faisait face à la petite cheminée où j’avais récité bien des leçons. Le grand tapis rond était recouvert d’une fine poussière grise. Pourtant les quatre Dragons entrelacés qui y étaient représentés, me semblaient toujours aussi vivants. Enfant ils m’avaient fait peur, adulte ils me terrorisaient. Je fis un pas en avant, conscient de la chape de plomb qui pesait sur mes épaules. Les étagères remplies de parchemins précieux, les tableaux et même le lutrin prés de la cheminée, tous m’accusaient de l’assassinat de leur maître. Je jetais ma torche dans l’âtre. A la lueur déclinante des flammes je traversais le cabinet de travail. En ouvrant les contrevents, j’eu autant l’impression de chasser l’odeur de renfermé que les fantômes du passé.
Les larges rayons du soleil éclairaient sous un jour nouveau le sinistre décor. Je posais les yeux sur l’établie de mon vieux maître. Comme je l’avais toujours connu, il débordait d’instruments de mesure, de cornues, d’échantillon de roche, tout un bric-à-brac dont lui seul connaissait l’usage. Hélas, je connaissais désormais le résultat de ses recherches. Ne voyant rien de particulier sur le plan de travail, j’allais aux rayonnages de parchemins. Un à un je les sortis des écrins de bois pour les glisser dans des tubes d’airain que je scellais à la cire. Un savoir bien trop dangereux se cachait dans ces fragiles manuscrits. Mais un savoir tel qu’il était folie que de seulement penser à les détruire. Les heures se succédant aux heures, j’eus tout le loisir de me promettre d’étudier ces vélins. Ce que mon maître avait trouvé d’autres le pouvaient aussi. Qui savait si le secret de la sauvegarde de mon royaume ne reposait pas dans ces lignes enluminées.
Mon fastidieux travail effectué, j’ôtais les tapisseries des murs. Je ne trouvais aucune cache, ni aucun passage secret. Repoussant les objets les plus précieux dans un coin de la pièce, j’entrepris d’allumer un feu vaillant dans la cheminée. Je l’alimentais de bibelots sans intérêt, d'échantillons, de poudres colorées et du petit mobilier. Comme je soulevais le fauteuil, un jouet d’enfant tomba à mes pieds. Il avait passé de bien longues années, coincé entre l’assise et le dossier pour me revenir en ce jour. Je reposais le fauteuil et ramassais le bilboquet.

Poc ! Le son de la boule de buis s’insérant sur son support me surpris. Plongé dans mes pensées nostalgiques j’avais machinalement lancé la boule. Je glissais le jouet à ma ceinture pour finir ma tache. Il ne me restais guère à faire. Je hélais Sanglier, et ensemble nous transportâmes les effets de Traimon survivants dans mon propre cabinet. La journée était bien avancée lorsque je pénétrais dans ma chambre. J’eu à peine le seuil franchit, que Frigolin me sauta dessus.
_ Messire, enfin, il n’est plus temps de vous dérober, attaqua t’il. Vos couturières sont arrivées il y a des heures, hâtez vous de les rejoindre.
Je poussais intérieurement un soupir tels que, Traimon vivant, j’eusse reçu une taloche. Fini les joies simples de la solitude et de la nostalgie. Je retrouvais mon rang de Roi-Servant et les interminables préparatifs en vue de mon couronnement et de mon mariage.

Les femmes m’attendaient de pied ferme. Sans ménagement aucun pour ma royale personne, elles me juchèrent sur un tabouret. Puis toujours sans aucune considération pour mes goûts, elles se livrèrent à un étrange balai où je faisais figure de mannequin.
Si je gardais le silence, je gardais aussi mes oreilles grandes ouvertes. Les bavardages incessants m’en n’apprenaient bien davantage que tous les rapports que je pouvais lire.
Les plus âgées se plaignaient de l’agitation de la ville, des nouveaux arrivants qui ne leur inspiraient point confiance et toutes pleuraient encore la perte d’êtres chers. Les plus jeunes étaient ravies de la reconstruction d’Anglême, appréciaient les richesses apportées par les immigrants, de même qu’elles pleuraient encore les disparus de la catastrophe.
Deux ans, c’était le temps qu’il nous avait fallu pour redresser le royaume et tout reconstruire. La Catastrophe du Schalk avait ébranlé les fondations même de la ville. Et dans les premier temps il n’était pas rare qu’un bâtiment s’écroula sous son propre poids. Nos morts et disparus se comptaient par centaines. Pas une famille qui ne fût endeuillée en ses jours tragiques. Je ne peux évoquer cette période sans repenser à ces corps disloqués, meurtris, agonisant ou à ces visages connus qui cherchaient en moi des réponses que je ne pouvais donner. La nuit, je rêve souvent à ces pauvres hères. A leurs regards plein de vide…

J’avais déployé les plus gros de mes gardes à aider la population. Ces hommes et ces femmes avaient fait un travail admirable. Ils s’étaient évertué à sauver le plus de monde possible, à consolider les bâtiments abîmés, à soigner, à porter de la nourriture…. Souvent dans des situations extrêmement périlleuses.
J’avais gagné l’estime de la population en gérant cette crise directement sur la grand’place du marché. Chacun pouvait ainsi me porter ses doléances, et mes couleurs flottant sur mon pavillon semblaient rassurer mes braves Angousins.
C’est dans cette période frénétique de pleurs et de joie que je m’aperçus de la disparition de Miromane. Certes nous ne nous connaissions point, mais cette absence me chagrinait plus que je ne saurais dire. Les jours passèrent rapidement. Le printemps céda devant l’arrivée de l’été. Les beaux jours, la chaleur et les travaux de récoltes abondantes chassèrent des esprits la ruine et la désolation de la ville. La vie reprenait son cours.

Je me souviens parfaitement de ce matin là. Je me reposais sur ma couche sous mon pavillon blanc. J’écoutais les bruissements de vie qui m’entouraient. Ici un apprenti forgeron se faisait tancer par son maître pour son retard, là un soldat faisait son rapport sur la nuit passée, partout les hommes et les femmes vaquaient sereinement à leurs occupations. Je me prélassais au lit, profitant de ce moment de calme pour réfléchir. La crise se terminait, nous ne trouvions plus de nouveaux corps, les bâtiments semblaient stables, il fallait penser à l’avenir désormais…
Des cris brisèrent mes réflexions. J’entendis des éclats de voix suivit d'un fracas métallique retentissant. Je sortais de ma tente pour découvrir une scène incroyable. Taureau gisait au sol, le nez ensanglanté, tandis que au-dessus de lui, poings serrés Miromane l’invectivait généreusement.
Apparemment le colosse n’avait pas reconnu la jeune femme, qui ignorant tout des bonnes mœurs de la cour avait tenté d’entrer dans ma tente. C’en était suivi une courte dispute et un échange d’horions.
Sous les regards furieux et le menton noirci de Taureau je la laissais entrer dans le pavillon. Je ne pus dire un mot qu’elle se tournait vers moi en disant
_ T’as un problème !
_ Oui, une certaine jeune fille qui malmène mes hommes… répondis-je.
Elle éluda la question d’un haussement d’épaule.
_ Le dragon, benêt, tu comptes en faire quoi ?
_ Il est mort…. Je ne puis poursuivre qu’elle me coupa
_ Oui, mais maintenant, que vas tu faire de tout ce Schalk ??

Je commençais à comprendre alors de ce dont elle voulait parler. Le Schalk était une pierre précieuse aussi recherchée que l’or ou l’argent. Un gigantesque dragon composé uniquement de Schalk, d’une envergure de vingt toises avait de quoi aiguiser les appétits les plus féroces, ou de déstabiliser toute une économie.
Focalisé sur l’urgence, je n’avais pas anticipé l’avenir.
Elle se rie alors de ma mine déconfite.
_ Panique pas mon prince, j’ai pris les choses en main. J’ai réuni un groupe de mineurs. On a discuté et pris quelques mesures. On ne peut pas laisser tout ce Schalk à la vue de n’importe qui alors on l’a caché. Puis on va te le débiter en morceaux ton bestiau et l’éparpiller un peu partout.
_ Et pourquoi faites vous cela ?
_ On est des mineurs, on creuse et on gagne notre croûte. Une bonne partie des filons ont disparue, absorbés par le monstre. On peut pas dire que ça nous arrange. Alors on t’aide, on fait disparaître le gros tas….
_ En vous servant au passage je présume ?
_ Nous serons raisonnable.
_ Bien, j’imagine que je n’ai point le choix.
_ Pas vraiment en effet, mais il nous reste beaucoup de points à régler. Vous avez pas fini de me voir mon prince.

Nous n’imaginions pas combien cette phrase était prophétique.
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Toujours aussi intéressant et bien écrit !
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La suite, dés que possible
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Suite de l'aventure:


Citation:
CH-10 – Couronnement

Miromane grogna et se tourna dans son lit, refusant de se réveiller. Ourse mal embouchée, cachée sous sa montagne de draps et d'édredons, elle maudit l'intrus qui frappait à sa porte.
Que son visiteur revienne plus tard, elle voulait dormir et profiter de ce grand lit moelleux. Hélas pour elle, les coups donnés redoublèrent, ne laissant aucune chance à la jeune femme de se rendormir. Elle poussa un lent soupir, qu’elle fit durer tout en se levant.
Elle maudit le sol de pierre gelé sous ses pieds et sa chemise de nuit tirebouchonnée. Miromane n’était pas du matin et gare à celui qui venait ainsi de la réveiller. Pourtant elle n’eut que le temps de soulever la targette qu’une tornade blanche et bleue rentra dans sa chambre. Miromane bougonna un vague « Bonjour » à sa chambrière.
" Franchement, dame Miromane, nous n’avons pas le temps, vous auriez pu vous levez plus tôt ! Et vous n’avez même pas fait vos ablutions…."
La robuste femme l’empoigna sans ménagement, et Miromane se retrouva instantanément devant sa coiffeuse. L’œil hagard, elle se vit dans le miroir. Cela suffit à l’ancienne mineure pour la désespérer. Comment pouvait-on espérer tirer quelque chose de son visage longiligne et de ses lèvres trop minces. Mais le pire venait de ses cheveux. Elle les laissait pousser depuis des semaines et ils ne lui arrivaient qu’au niveau des épaules. Elle se figura être un croisement impie entre un hérisson et une quenouille de laine noire.
Jenna les lui brossa énergiquement et les attacha avec une lanière de cuir. Et sans plus de ménagement tira sa jeune maîtresse jusqu’au baquet d’eau chaude qui les attendait dans la pièce à coté. Miromane enleva à toute vitesse sa robe de nuit avant de finir dans son bain toute habillée. Si elle n’aimait pas être tirée de son lit, elle adorait ce luxe d’un bain chaud. Parfois elle regrettait son ancienne vie, mais certes pas l’eau froide de la rivière. Elle se laissa faire comme une enfant. Les mains expertes de Jena eurent tôt fait de la savonner, masser, rincer et sécher en un rien de temps. Vint alors une des enfants de la servante, Ydema pensait se souvenir Miromane, elle annonça que la robe était prête, puis reparti sans attendre de réponse.
« Allez Madame, nous allons faire de vous une reine », affirma Jenna, se dont doutait fortement l’intéressé. Elle avait réussit à imposer certain de ses choix pour cette robe telle que la couleur ou la forme du décolleté. Mais les couturières du château avaient été catégoriques sur le corset et les longues manches bouffantes. Il fallait cacher ses bras musclés et affiner sa taille. Elle resta donc une demi-heure les bras tendu, à respirer par à-coup, tandis que Jenna s’échinait sur les lacets. La douleur aidant, Miromane révisa ses leçons de maintient. Depuis qu’elle avait accédé au siège du conseil des Exploitants de Schalk, elle s’était évertuée à ne pas paraître trop gauche en société. Elle finissait de hiérarchiser les titres de noblesses du royaume lorsqu’elle remarqua le silence crispé de Jenna. La suite des opérations allait être délicate pour les deux femmes. La tignasse de Miromane n’en faisait jamais qu’a son envie. Nul bonnet, nulle tresse ou chignon ne parvenaient jamais à les discipliner. Elles avaient passées de longues heures en de vaines tentatives avant de trouver une solution acceptable. Jenna disposa sa panoplie de coiffure sur la coiffeuse telle une armée prête à combattre, et entreprit son ouvrage. Enfin, vint le moment du maquillage qui sonnait comme une délivrance pour la jeune femme. De la poudre de perle, de la graisse colorée et voila une demi-sauvageonne devenue une belle jeune femme. Du moins l’espérait-elle.
_ Madame, vous êtes merveilleuse assura Jenna, vous allez leur plaire.

Miromane faisait les cent pas dans le boudoir. Nerveuse, elle n'en pouvait plus de cette interminable attente. Chacun de ses nerfs étaient plus tendus que les cordes d'un violon.
_ Jenna, n'est ce donc point l'heure? demanda t'elle à sa gouvernante.
Celle-ci leva simplement les yeux par dessus sont ouvrage de broderie pour lui répondre que "Non, madame, pas plus que dans dix minutes quand vous me le demanderez à nouveau."
Alors la jeune femme se tourna vers l'immense tapisserie murale et tenta de s'oublier dans le bucolique décor. Peine perdue! Ses pensées la ramenaient encore et toujours vers ce beau jeune homme aux yeux bleu. Peu lui importait qu'il y eu mille et une personnes de l'autre coté de la porte. Que celles ci ne la traita qu'avec mépris et dédain, elle voulait le rendre fier d'elle.
De l'autre coté de l'huis, un gong majestueux intima le silence. Une voix s'éleva alors, et annonça tristement la mort du Roi.
_ Cela fait deux ans, espèce de grande saucisse guindée. jura-t-elle entre les dents.
_ Madame, vous vous oubliez. Vous savez parfaitement qu'il faut respecter le protocole. Monsieur le Grand Chambellan ne fait que son devoir.
Miromane sourit, il était évident que la chambrière se pâmait d'amour pour le vieil homme.
_Yvon ne peut accéder au trône sans qu'auparavant l'on ait annoncé le décès de son père.
Toujours le nez dans la tapisserie, Miromane tira la langue. C'était puéril, mais par les quatre qu'elle apprécia cet écart de conduite bien anodin. Contrairement à Jena, elle ne supportait pas la rigueur protocolaire qu'imposait sèchement le maitre de chambre. Celui-ci n'appréciait pas la rude franchise de l'ancienne plébéienne. Au mieux leur relation était fraiche.
_ Je le sais bien, mais par les quatre que l'on en finisse au plus vite avec ce cérémonial imbécile.
Jena lançait un regard noir à sa protégée lorsque le portier ouvrit la porte en grand, il n'était plus tant des remontrances. Miromane se tourna d'un bloc, et ne put réprimer un mouvement de recul devant la foule assemblée qui la dévisageait.
Du plus avenant au plus hostile, chacun des visages devant elle, lui sembla aussi faux que le visage de poupée de porcelaine. Il y avait trop de poudre de riz, trop peinture à lèvre, trop de couleur dans les cheveux, tout, dans cette salle n'était que paraitre et orgueil. Puis elle repensa à sa propre mise, et au temps passé à se préparer, elle faisait aussi partie du spectacle, elle s'avança d'un pas. Magie du protocole, les courtisans s'écartèrent sur son passage, lui traçant le chemin jusqu'au Roi nouvellement révélé. Miromane utilisa les yeux bleus d'Yvon comme un navire rentre au port grâce aux fanaux. Elle ne salua personne, son port de tête altier et son sourire crispé dissuadant quiconque de venir la troubler.
Les quelques mètres qu'elle fit ce jour là, furent les plus long de sa vie. Elle arriva enfin à deux pas de Brillant. Sa révérence fut parfaite. Tête basse, les yeux rivé dans d'invisibles détails des dalles de pierres elle déclara d'une voix faussement assurée « Moi, Miromane, je me présente devant toi, Roi Yvon, avec pour seul trousseau mon amour pour toi, ma fidélité à la couronne et, les quatre m’en sont témoins, mon ventre fertile. M'accepteras-tu, sans dot ni recommandation ?»
L’assemblé bruissa de plaisir devant cette déclaration aussi directe que sincère.
Nul dans le royaume n'avait ainsi mis à nu la pauvreté de ses origines ni la richesse de ses aspirations. Miromane captura ainsi le cœur des jouvencelles pétries de romantisme, des vieux soldats bourrus au franc parlé et des duègnes regrettant l'innocence des temps passés.
« Miromane lève-toi. Lui demanda Yvon. Il ne convient point à la reine consort de s’agenouiller devant son futur époux »
Nobles, pages, servantes, grandes dames, soldats, nulle classe sociale, nul sexe ne se distingua plus dans l’énorme brouhaha provoqué par l’acceptation. Les jeune gens profitèrent pour se donner un chaste baisé, bien trop rapide à leur goût. Sur un signe de tête du Grand Chambellan, les musiciens commencèrent à jouer en sourdine. Des valets entrèrent dans la salle, les bras chargés de monceaux de victuailles. Yvon avait voulut une fête grandiose, bien des poulaillers et bien des jardins étaient désormais plus vides que la bourse d’un mendiant. Miromane ne lâcha pas le bras de son aimé tout le temps que dura le cérémoniale de félicitation. Tous les membres de l'assemblée défilèrent les uns après les autres devant les deux jeunes gens, des félicitations et des louanges plein la bouche.

Encore, encore, encore pensait Miromane. Elle était exténuée. Elle transpirait à grosses gouttes et pourtant elle souhaitait ardemment que cela ne finisse jamais. Hélas, son partenaire lui souffla « Madame, la journée fut longue et je vous demande la permission de faire une pause. » Elle devait bien le reconnaître que c’est aussi son cas, c’est donc de bonne grâce qu’elle accepta sa requête. Elle quitta ses bras à regret non sans lui voler un dernier baisé.
Des applaudissements s’élevèrent. Les danseurs, ravis et essoufflés, saluèrent la prestation de l’orchestre du royaume de Grand Provins. Le froufrou des robes remplit la salle de balle de sa propre musique alors que toutes ces dames retournaient s’asseoir un instant. Les hommes les plus murs se précipitèrent sur les tables chargées de vins et de bières, tandis que les damoiseaux allèrent conter fleurettes aux damoiselles de l’assemblée.
Miromane suivait docilement Yvon tant sa tête lui tournait. Elle profita de la longue traversée de la salle de bal pour se reprendre et remettre un peu d’ordre dans ses idées.
Jenna toujours prête à devancer les désirs de sa maîtresse lui porta un hanap d'hydromel. Doucement sucré, la boisson lui donna immédiatement un coup de fouet. Sentant ses jambes défaillirent, Miromane se laissa guider jusqu'a un des bancs placé le long des murs. Elle profita de se moment calme pour observer l'assistance. Des groupes s'étaient formés et chacun y allait de son bon mot ou de ses messes basses. La future reine intriguait, agaçait ou choquait tout à la fois. Quelques regards biais n'auguraient rien de bon quand aux ennemies qu'elle s'était faite. Depuis son ascension à la tête de la nouvelle guilde des mineurs, elle avait contrarié plus d'un noble. Yvon avait beau lui assurer qu'ils finiraient bien par l'accepter, force était de constater que nulle demoiselle d'honneur ne l'entourait. Soupirant de plus belle, Miromane leva les yeux vers le plafond dans un vain appel aux Quatre. Elle remarqua alors une ombre dissimulée dans l'obscurité dans une galerie surplombant la salle. Un sombre pressentiment frappa la jeune femme. Rejetant toute convenance, elle couru et sauta sur son aimé.
La flèche se planta à quelques centimètres de leurs visages. Ils n'eurent ni l'un ni l'autre le temps de faire un geste que Miromane ressenti une violente douleur à l'épaule. L'assassin tentait de rattraper son coup et décochait flèche sur flèche sans vraiment prendre le temps d'ajuster son tir.
De partout des cris s'élevaient. Les femmes fuyaient ou se cachaient sous le mobilier. Les hommes sortaient leurs armes d'apparats cherchant en vain l'ennemie. Feinte, Taureau et Sauge seuls agirent efficacement. Faisant barrage de son corps, le puissant guerrier s'interposa dans la trajectoire des traits. Tandis que les jeunes femmes grimpèrent jusqu'à la galerie en escaladant les colonnes de pierre.
L'assassin refusa de se faire prendre. Il s'élança dans le vide, dans l'espoir d'échapper définitivement à la question. Furet surgit et amorti la chute mortel.
"Comme c'est étrange, il pleut des hommes en noir" lança t'il. Puis le pauvre fou piqua un fou rire hystérique.
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grogramane est une petite crotte de super héros pourri
excellent passage!
surtout celui du lever.
Combien d'ourses mal léchées et de "mamans" ou autres caméristes as-tu observées pour lui donner une telle véracité
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"l'homme qui a perdu la faculté de s'émerveiller et d'etre frappé de respect est comme s'il avait cessé de vivre" A.Einstein
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